Interview : Marc Voltenauer se dévoile

Bonjour Marc,

Tout d’abord, je te remercie d’avoir accepté de répondre à quelques questions. Tu es auteur d’origine suisse et papa de deux romans, Le Dragon du Muveran, paru en grand format l’année dernière et chez Pocket cette année, quasiment en même temps que la sortie de ton second roman, Qui a tué Heidi ?, chez Slatkine & Cie.
Tes domaines professionnels sont très variés. Comment passe-t-on d’une carrière de pasteur à celle d’écrivain, en parallèle de ton travail actuel dans une entreprise pharmaceutique ? D’où est venue l’envie d’écrire ?

L’écriture s’est imposée à moi à la suite d’un voyage autour du monde que j’ai fait avec mon compagnon en 2011-2012. C’est Gryon, petit village paisible des Alpes suisses qui m’a inspiré et donné l’envie d’écrire. Gryon – tout comme Fjällbacka pour Camilla Läckberg – était le parfait décor d’un polar : l’atmosphère singulière d’un petit village pittoresque, le savoir-vivre montagnard, l’ambiance chaleureuse des chalets, les différents lieux publics, la vie villageoise, le découpage impressionnant des massifs alentour, les hivers rudes.

 

As-tu une routine d’écriture ? Un lieu spécial, un moment de la journée favori, une mise en place particulière ?

J’écris sur mon ordinateur. C’est beaucoup plus simple pour écrire, retravailler, corriger. Comme je travaille, je n’ai pas de journée « type » d’écriture. J’écris lorsque j’ai le temps et je peux le faire n’importe où. Souvent j’écris tôt le matin au réveil à la maison. Mais j’écris aussi régulièrement à Gryon sur les lieux, notamment au Café Pomme. C’est important pour moi d’être sur place pour écrire. Par moments, je préfère être au calme. Parfois en écoutant de la musique. Parfois dans un endroit vivant et bruyant comme un café. Cela dépend des envies et de mon état d’esprit. Lorsque j’écris, je suis dans une bulle et j’arrive à faire abstraction de ce qui se passe autour.

 

Pourquoi avoir choisi le thriller comme genre littéraire ? Le genre « noir » s’est imposé tout de suite ou tu as d’abord tenté la littérature contemporaine ?

Je suis tout simplement un grand lecteur de « polars » et donc, c’est venu naturellement.

 

En lisant le Dragon du Muveran, j’ai eu l’impression que l’inspecteur Auer était ton alter ego. Les ressemblances physiques sont-elles voulues ? Aurais-tu voulu aussi intégrer une carrière de flic à ton palmarès ?

Andreas est un personnage à part entière. Toute ressemblance… (rire). Au fil des pages, nous avons établi une relation proche et on a appris à mieux se connaître. Nous avons d’ailleurs décidé d’un commun accord que l’aventure allait se poursuivre… (rire). Il y a bien sûr des ressemblances. Je dirais même qu’il y a un peu de moi dans chaque personnage. Grâce à Andreas Auer, je suis en quelque sorte devenu flic (rire) avec le gros avantage que je peux moi-même décider des enquêtes à mener…

 

Dans tes romans le « bad guy » a un nom à la Voldemort, L’homme qui n’est pas un meurtrier dans le premier et l’homme qui s’enivrait du parfum de sa mère. Est-ce ta marque de fabrique ?

Au départ, c’était une manière de donner une existence à un personnage central du livre sans dévoiler son identité. On peut ainsi suivre le « tueur » dans son intimité sans révéler qui il est au lecteur. Et je trouvais plus mystérieux de lui trouver un « surnom » que de dire « il »… Et j’ai déjà mon idée pour le 3ème tome…

 

Les lecteurs assidus du genre noir auront remarqué qu’il est très rare d’avoir un personnage principal LGBT dans un roman. Etait-ce une condition sine qua none ?

Bien que j’apprécie beaucoup des personnages comme Harry Hole (Jo Nesbo) ou Wallander (Henning Mankell), je n’avais aucune envie de passer plusieurs années d’écriture en compagnie d’un flic alcoolique, dépressif et qui a des problèmes avec la gent féminine (rire). Un personnage homosexuel et bien dans sa peau me paraissait intéressant et plus proche de ma réalité.

 

Pour finir, la fin ouverte de Qui a tué Heidi ?, côté personnel des personnages me pousse à te poser LA question : Y aura-t-il une suite ? Si oui, pour quand est-elle prévue ?

Je suis en train de finaliser le scénario et je vais bientôt me lancer dans la phase d’écriture. Mais il vous faudra encore un peu de patience…

 

Un grand merci Marc pour ces réponses et bonne nouvelle. Ton troisième roman est très attendu mais nous saurons patienter !