Entre deux mondes d’Olivier Norek

Ma note : 5/5

Fiche technique et résumé de l’éditeur

Titre : Entre deux mondes
Auteur : Olivier Norek
Éditeur grand format : Michel Lafon
Date de sortie grand format : 5 octobre 2017
Nombre de pages : 415 pages

Résumé : Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.
Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger.

Ce que j’en ai pensé

On l’attendait toutes et tous avec fébrilité. Le voici enfin : le nouveau Norek ! Un nouveau Norek qui a mis de côté son capitaine Victor Costes préféré (lire Code 93, Territoires et Surtensions, dans cet ordre). Un Norek qui brise les tabous et les silences et qui s’attaque à la Jungle de Calais et la vie de ces milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont été obligés de fuir leur pays.

Alors forcément, ça donne un roman humain, touchant et violent. Un encart en début d’ouvrage nous précise que seule l’enquête a été romancée. Le reste est réel. Il ne faut pas perdre cela de la tête en lisant les histoires des quelques réfugiés qui font vivre les 415 pages de ce roman. Sans tomber dans le sentimentalisme à deux balles, on a un roman vrai et émouvant qui a réussi à m’émouvoir. On ne peut pas ne pas être touché par ces lignes et ces histoires entre deux mondes : leurs enfers d’origine et leur paradis anglais quasi inaccessible.

Dans Entre deux mondes, on rencontre Adam, un flic de Damas qui fuit la Syrie pour rejoindre sa femme et sa fille dans la Jungle avant d’aller en Angleterre. Elles sont parties juste avant lui et on les accompagne sur la route semée d’embûches et de passeurs impitoyables.

On rencontre aussi Bastien, un flic français qui vient d’arriver à Calais et qui tente de comprendre pourquoi les règles d’ailleurs ne s’applique pas ici. Dans la Jungle, la police n’agit jamais. Le lien sera l’amitié naissante entre ces deux flics que tout oppose et que, pourtant, tout rassemble. Ils ont le même métier, la même famille mais ils n’ont pas eu la même chance au départ. Dans le roman un chiffre m’a frappée : « On a 208 fois plus de chance de gagner au loto que de naître en bonne santé, dans un pays démocratique et en paix, avec un toit sur la tête ».

Cette statistique me permet de vous parler du dernier personnage phare de ce roman : Kilani. Un jeune soudanais que la vie a martyrisé comme peu de personne. On n’est toujours pas dans le bon sentiment. On est dans la réalité cachée des médias, la réalité que j’ai côtoyé pendant des mois quand les migrants étaient installés à Stalingrad à Paris, à côté de chez moi. Kilani est un personnage profondément émouvant. La petite émotion du roman !

Vous l’aurez deviné j’ai passé un excellent moment avec Adam, Bastien, Kilani et tous les autres. J’ai même eu droit a une révélation scotchante « à la Favan » (presque) vers la fin ! Et en cadeau bonus, j’ai eu l’idée d’un nouveau sticker pour mon congélateur. Oui, c’est l’accessoire de la photo de l’article !

Merci Olivier pour ces mots et ces histoires et à bientôt sur un prochain salon !