Corpus Christine de Max Monnehay

Ma note : 4/5

Fiche technique et résumé de l’éditeur

Titre : Corpus Christine
Auteur : Max Monnehay
Éditeur grand format : Albin Michel
Date de sortie grand format : 2006
Éditeur poche : Le Livre de Poche
Date de sortie poche : 2008
Nombre de pages : 240 pages

Résumé : Collez-moi le canon d’un magnum sur la tempe, je tremblerai moins. Enfermez-moi dans la chambre froide d’une morgue et laissez-moi vous dire que c’est du gâteau.

Ce que je vis devait peser dans les cent vingt kilos et transpirait à grosses gouttes une eau malodorante.

Ce que je vis était énorme. C’était ma femme.

Ce que j’en ai pensé

J’ai découvert Max Monnehay cette année avec ses deux thrillers m’étant en scène Victor Caranne, psychologue carcéral. En allant au Festival Sans Nom de Mulhouse, je voulais lui faire un simple coucou, pensant avoir lu tout ce qu’elle avait écrit. Lors d’un échange très sympathique, Max m’a appris qu’elle avait écrit et publié d’autres ouvrages des années auparavant et l’organisation du salon avait prévu le coup avec le tout premier : Corpus Christine, qui a été ma lecture pendant le retour sur Rouen.

Publié en 2006, ce court roman raconte, à la première personne, la séquestration d’un homme par son épouse. On ne connaîtra pas son prénom mais presque tout le reste de sa vie. Après un accident, qu’il narre par morceau entre deux chapitres au présent, il est allongé dans une pièce de son appartement. Il n’a plus l’usage de ses jambes et ne peut plus se lever. Sa femme est devenue un monstre. Elle ne le nourrit pas, ne lui parle pas. Elle le garde sous clefs et le séquestre plutôt facilement puisqu’il ne peut que ramper et atteindre ce qu’il peut à l’aide de ses bras quand elle part travailler.

Le thème de l’enfermement ou de la séquestration est vu et revu dans le polar ou ailleurs. Ici, ce qui le distingue du reste est un récit à la première personne où le narrateur invective parfois le lecteur. Il nous demande notamment si, bien assis dans le métro, notre canapé ou les WC, nous profitons bien de son agonie. Il nous demande si on croit en sa survie ou si dès le départ on s’attend à une tragédie. Du coup, effectivement, ça interpelle et absorbe dans le récit. Ainsi, nous ne sommes plus spectateur mais quasi acteur.

J’ai aussi bien aimé le petit clin d’œil à Misery (le film, pas le livre, dommage). Notre héros se souvient de Paul et compare leur situation. Comme il est affamé et amaigri, sa mémoire lui fait défaut et il peine à se souvenir si le Paul de Stephen King survit ou pas. Comme si leurs sorts étaient scellés jusqu’au bout.

Bref, d’hier ou d’aujourd’hui, je vous conseille vivement de lire Max Monnehay !


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Commentaires

2 réponses à “Corpus Christine de Max Monnehay”

  1. Avatar de laplumedelulu
    laplumedelulu

    Effectivement ça fait penser à Misery. Ça doit faire drôle de se faire interpeller par le narrateur de l’histoire. Heureuse que tu sois allée au Salon du Festival sans nom de Mulhouse. Merci pour la chronique Lucile qui donne envie.

    1. Avatar de Luciole

      Merci Valérie !

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