Misery de Stephen King

Résumé de l’éditeur

Misery, c’est le nom de l’héroïne populaire qui a rapporté des millions de dollars au romancier Paul Sheldon. Après quoi il en a eu assez : il -a fait mourir Misery pour écrire enfin le  » vrai  » roman dont il rêvait. Et puis il a suffi de quelques verres de trop et d’une route enneigée, dans un coin perdu… Lorsqu’ il reprend conscience, il est allongé sur un lit, les jambes broyées dans l’accident. Sauvé par une femme, Annie. Une admiratrice fervente. Qui ne lui pardonne pas d’avoir tué Misery. Et le supplice va commencer.

Ce que j’en ai pensé

Misery était le second roman sélectionné par les membres du club de lecture Stephen King pour le mois de décembre. Le premier était La Ligne Verte que j’ai adoré.

Après son accident de voiture, Paul, écrivain, est retrouvé par Annie, infirmière et son admiratrice numéro 1. Ouf ! C’est forcément bon signe direz-vous. Sauf que non. « Ouf » c’est un faible adjectif pour qualifier Annie. Annie est la Folie, le Sadisme, la Perversion. Dès les premières pages, on sait que ça va être sport. Paul aussi le sait.

Elle lui adressa un étrange regard maternel. Pour la première fois, cette pensée vont faire surface, parfaitement limpide, dans l’esprit de Paul Sheldon : Je suis dans le pétrin ici. Cette femme n’est pas normale.

Annie n’est pas méchante. Non, non. Elle fait tout pour le bien de Paul, pour l’aider à rester dans le droit chemin, pour lui permettre de réécrire un roman mettant en scène Misery, pour ne plus dire de gros mots et vivre comme un honnête homme bien élevé. Si elle se met en colère, c’est à cause de Paul. Si elle doit le punir, c’est contre sa volonté et juste pour qu’il comprenne.

Annie est ce qu’on appelle une perverse narcissique, une manipulatrice. Je ne vais pas rentrer dans le détail de la définition que beaucoup d’entre vous, hélas, connaissent (ou vivent. Ou ont vécu. D’ailleurs, si tu passes par là, toi, tu te reconnaîtras… 😉 ). A la place, voici une citation d’Isabelle Nazare-Aga, psychothérapeute, dans un article trouvé sur le site psychologie.com : « Si vous avez le sentiment de ne plus être libre, si vous parlez constamment d’une personne quand elle n’est pas là, et si en sa présence, vous n’êtes pas serein, ou que vous vous comportez comme un petit garçon ou une petite fille et plus comme un(e) adulte, vous avez probablement affaire à un manipulateur. De même pour ces gens dont vous mettez cinq jours à vous remettre d’un simple appel de leur part. » Ring a bell ? Run !

Cela posé, revenons à nos moutons. Stephen King nous livre avec Misery un roman terrifiant sans aucune pointe de fantastique. Pas de quoi vous rassurer derrière un esprit ou une force surnaturelle. Annie est humaine, Annie est folle et Annie peut être votre voisine ou séquestrer votre Paul. Misery est une métaphore de 450 pages sur l’emprise et l’avilissement. Pourquoi les femmes battues restent ? Pourquoi les victimes de perversion protègent leur persécuteur ? Pourquoi les otages développent de l’empathie pour leurs geôliers (le fameux Syndrome de Stockholm) ?

Je pousse sciemment un peu plus loin que la réalité du roman. Paul déteste Annie, il ne la protège pas, il n’essaye pas de la comprendre. Il est sous son emprise mais s’il avait pu s’enfuir, il serait parti depuis les premières pages. Il est juste cloué au lit avec ses deux jambes cassées et ne peut que subir. S’il va dans son sens c’est pour s’éviter quelques tortures. En parlant de ça, pour ceux qui ont seulement vu le film, c’est un Disney mignonnet comparé au roman. Vous êtes prévenus !

Tu veux du trash ? du fou ? du flippant ? Lis Misery et je te souhaite un Joyeux Noël 🙂

Ma note : 5/5