La ligne verte de Stephen King

Résumé de l’éditeur

Paul Edgecombe, ancien gardien-chef d’un pénitencier dans les années 1930, entreprend d’écrire ses mémoires.
Il revient sur l’affaire John Caffey – ce grand Noir au regard absent, condamné à mort pour le viol et le meurtre de deux fillettes – qui défraya la chronique en 1932.
La Ligne verte décrit un univers étouffant et brutal, où la défiance est la règle. Personne ne sort indemne de ce bâtiment coupé du monde, où cohabitent une étrange souris apprivoisée par un Cajun pyromane, le sadique Percy Wetmore, et Caffey, prisonnier sans problème. Assez rapidement convaincu de l’innocence de cet homme doté de pouvoirs surnaturels, Paul fera tout pour le sauver de la chaise électrique.

Ce que j’en ai pensé

J’ai profité que ce roman soit la lecture commune de décembre du Club de lecture Stephen King (avec Misery ce mois-ci parce que c’est Noël) pour le relire. Je l’avais lu lors de ma première « phase Stephen King » il y a une dizaine d’années et je voulais absolument me replonger dedans. Je savais que j’aimerai toujours et je ne me suis pas trompée !

Le Maître frappe encore et nous livre un roman émouvant, poignant, percutant, qui fait réfléchir sur la peine capitale, qui souligne les questionnements des condamnés et des geôliers. Encore une fois avec King, ce pavé de plus de 500 pages se lit facilement et on se laisse emporter dans ce pénitencier des années 30. Les personnages sont attachants, inspirants ou interpellants, quelle que soit le côté de la grille où ils se trouvent. Les « méchants » et les « gentils » ne sont pas forcément là où on pense 😉

L’histoire de La ligne verte a été initialement publiée sous forme de roman feuilleton. L’auteur explique au début du roman, dans une lettre au lecteur, que c’est un procédé d’écriture qui l’intéressait vraiment et qu’il ne l’avait pas beaucoup pratiqué. En effet, il permet aux lecteurs d’apprendre à attendre la suite et de résister à la tentation de connaître la fin avant d’y arriver. D’ailleurs, King lui-même ne connaissait pas la manière dont il allait terminer ce récit quand il a commencé à l’écrire et à paraître dans les journaux. Ce format feuilleton, lu d’une traite dans un roman d’une seul tome, peut sembler parfois un peu redondant. Stephen King a dû trouver une manière de résumer aux lecteurs les événements précédents. Le récit n’en est pas alourdi pour autant. Il utilise habilement le Paul Edgecombe âgé qui écrit ses mémoires pour faire un chapitre « dans les des épisodes précédents » au début de chacune des parties.

Ce roman est classé dans le domaine fantastique, à tort à mon sens. Alors, d’accord, John Caffey a des pouvoirs surnaturels de guérison. On dépasse le cadre du magnétiseur à son niveau, mais c’est le seul élément fantastique de ce roman et je l’ai pris comme une image exagérée des guérisseurs qui aspirent le mal et pas comme de la science-fiction. Tout le reste du roman est très (trop ?) réaliste. Les conditions de détention des criminels attendant la chaise électrique sont probablement bien décrites. Je n’ai pas vérifié par moi-même mais je fais confiance à Stephen 😉

Stephen King relance ici le débat sur la question de la peine capitale, de la manière dont les condamnés sont exécutés, des derniers instants avant l’exécution, toujours des deux côtés : gardiens et gardés.
Revenons en quelques chiffres sur la peine de mort. En France, elle a été abolie en 1981. La dernière exécution a eu lieu en 1977. En 2013, il restait 22* pays appliquant la peine de mort. En 2014, le nombre de condamnations a augmenté de 54%*. 89% des exécutions effectuées en 2015 ont eu lieu dans seulement 3 pays (l’Arabie saoudite, l’Iran et le Pakistan)*. Amnesty international estime qu’aux Etats-Unis, plus de 4%* des condamnés sont innocents et victimes d’erreurs judiciaires. Ce pourcentage est probablement plus faible que la réalité.

Dur de conclure sur ce sujet. Alors je reviens sur la qualité du livre et son adaptation au cinéma. Lisez-le pour la plume de l’auteur, pour les émotions que certaines phrases vont susciter en vous, pour les frissons que vous aurez, pour rencontrer John Caffey et Paul Edgecombe qui vont vous émouvoir.

Le film du même nom est, pour moi, la meilleure adaptation cinématographique d’un roman de Stephen King. Maintenant que je l’ai relu, je vais pouvoir revoir le film avec Tom Hanks et Michael Clarke Duncan.

Ma note : 5/5

*Sources :

http://www.lemonde.fr

Amnesty international