La deuxième femme de Louise Mey

Ma note : Coup de cœur

Fiche technique et résumé de l’éditeur

Titre : La deuxième femme
Auteur : Louise Mey
Éditeur grand format : Éditions du Masque
Date de sortie grand format : janvier 2020
Éditeur poche : Pocket
Date de sortie poche : janvier 2021
Nombre de pages : 352 pages

Résumé : Sandrine ne s’aime pas. Elle trouve son corps trop gros, son visage trop fade. Mais plus rien de cela ne compte le jour où elle rencontre son homme. Récemment endeuillé par la disparition de sa femme, il lui fait une place, dans sa vie, dans sa maison, auprès de son fils.
Discrète, aimante, reconnaissante, Sandrine se glisse dans cette absence, fait de son mieux pour que le bonheur renaisse au sein de cette famille. La sienne désormais.
Jusqu’au jour où la première femme réapparaît.

Ce que j’en ai pensé

Cette lecture a été difficile. Grâce (et surtout pas à cause) du sujet bien sûr mais surtout du style littéraire de Louise Mey. Une splendeur, un art, de la magie.

Le sujet ? On parle ici des relations de couple avec une personnalité perverse narcissique. Le roman s’axe sur les violences psychologiques qui n’apparaissent dans aucun chiffre. Un sujet très intime pour moi mais qui n’est plus une souffrance. Et pourtant à la lecture de ce fabuleux roman j’ai souffert. Non pas pour mes souvenirs mais pour Sandrine. Cette femme qui se déteste, se trouve grosse et moche, n’a pas d’amis. Cette femme utilisée et rejetée par les hommes. Cette femme qui tombe sur l’Amour par hasard. Cette homme qui a perdu sa femme disparue et qui lui sourit sans méchanceté. Elle devient la deuxième femme et vit heureuse jusqu’au retour de la première femme.

Plus fort encore que cela, le récit est construit comme une logorrhée verbale. Sandrine sort sans filtre tout ce qu’elle voit et ressent. Les dialogues sont insérés dans les paragraphes narratifs. En quelques pages je me suis habituée à ce style qui sort des sentiers battus, et j’ai souffert avec Sandrine. J’ai ressenti sa détresse intense et constante. J’ai eu mal à chaque rabaissement, chaque réflexion, chaque geste. C’est d’un réalisme foudroyant. L’impression de Sandrine de vivre à la fois avec Dr Jekyll et Mister Hyde est tellement vraie. Le même masque, le même visage ange et démon.

Louise Mey est une icône du noir. Elle ose la lenteur, les effets stylistiques, briser les codes. Je trouve dommage qu’elle ne soit pas plus présente dans les librairies. Les OVNI littéraires sont toujours discrets et mal notés sur les réseaux. Je veux plus de Louise Mey dans le panel littéraire !

Bref, sortez de vos cases et lisez Louise Mey !