La Pâqueline d’Isabelle Duquesnoy

Ma note : 5/5

Fiche technique et résumé de l’éditeur

Titre : La Pâqueline
Auteur : Isabelle Duquesnoy
Éditeur grand format : La Martinière
Date de sortie grand format : 14 janvier 2021
Nombre de pages : 400 pages

Résumé : Maudite année 1798 pour la Pâqueline ! D’abord le procès de son fils Victor, qui lui vaut une réputation ignominieuse. Et maintenant l’incendie de sa maison ! Réfugiée chez son rejeton, qui a fait fortune de son métier d’embaumeur et de trafics d’organes, exaspérée, elle accouche d’une idée diabolique : elle va lui jeter au visage les secrets dramatiques de son enfance, en couvrant les murs de ses écritures. Et ira jusqu’à le dépouiller de ses richesses…
Mais quelle est cette femme, qui suscite le dégoût autant que l’éclat de rire et l’émotion ? Et quel est donc ce roman extraordinaire, qui marie finesse et outrance, méchanceté et tendresse, érudition et imagination – jusqu’à l’apothéose finale ? Un chef-d’œuvre étonnant et drôle, qui porte la patte d’un très grand écrivain, assurément.

Ce que j’en ai pensé

Attention ! Ce roman est un spin-off (histoire d’un personnage qui était secondaire d’une œuvre précédente) de L’Embaumeur d’Isabelle Duquesnoy. Il raconte la vie de La Pâqueline, la mère de Victor, l’embaumeur. L’histoire commence à la fin du premier roman. Selon moi, pour appréhender l’intensité de la méchanceté de La Pâqueline, pour vivre ce récit avec la profondeur qu’il mérite, je vous conseille de lire les deux, dans l’ordre de parution. Ne poursuivez donc pas la lecture de mon avis si vous voulez lire L’Embaumeur (gros coup de coeur 2020).

« Ces souvenirs m’ont chié dans le cœur ». La Pâqueline grave ces mots sur les murs de l’appartement de son fils emprisonné. Elle a récupéré son commerce qu’elle a transformé à sa façon, pas plus louable (ni moins crade) que son rejeton. Elle vend au Mont de piété ses objets et affaires puisqu’il moisit en prison. Elle récupère ce qu’elle peut de sa vie de richesse qu’elle jalouse, elle qui a été pauvre toute sa vie.

Pour qu’il sache, quand il sera libéré (délivré), Pâqueline couche sur toutes les surfaces de chez son fils ce qu’a été sa vie. Fille de prostituée, exclues de Paris avec sa mère, elle n’a jamais eu de répit. Est-ce de là que vient son aigreur pour la vie et l’humanité ? Que lui est-il arrivé pour qu’elle soit la plus ignoble des mères et la plus crasse des femmes ?

Alternant passé (sur les murs) et présent, on oscille entre attendrissement et écœurement pour ce personnage qui a fortement évolué durant son existence. Tout peut s’expliquer mais pas nécessairement justifier. Son récit de cette vie ô combien difficile nous aide à adoucir le rejet instinctif du premier roman envers ce personnage, à comprendre sans accepter la colère qui sommeille en elle. Quoique.

Un spin-off que j’espérais et que j’attendais après la lecture de L’Embauleur. Isabelle Duquesnoy raconte à merveille les horreurs de la vie parisienne en 1770 à 90, en prison ou à l’extérieur. Un Paris sale et gadouilleux dans lequel on s’enfonce avec une curieuse délectation.

Bref, encore un coup de cœur pour moi !