La femme muette de Mathieu Albaïzeta

Ma note : 4/5

Fiche technique et résumé de l’éditeur

Titre : La femme muette
Auteur : Mathieu Albaïzeta
Éditeur grand format : Éditions des Lacs
Date de sortie grand format : 20 octobre 2020
Nombre de pages : 170 pages

Résumé : Le 17 juin 2013, Stéphane Richard reste à la tête d’Orange, le parti socialiste essuie une nouvelle défaite à l’élection partielle de Villeneuve-sur-Lot, et Louise Andrieu est retrouvée morte à son domicile. Tous ceux dont la vie est ponctuée par la mort des autres encerclent ce qui était, il y a encore une demi-heure, le corps frêle mais vivant d’une coquette dame âgée : les gendarmes et le médecin de famille, lui aussi alerté par son mari. Mais… Est-elle morte ce jour de juin 2013 ou un après-midi d’été, en 1963 ? Quand d’un côté, la haine remplace progressivement l’amour et que de l’autre, l’amour continue de tout pardonner, plongez dans les abîmes d’une vie subie dans laquelle le silence est… assourdissant.

Ce que j’en ai pensé

« Si Louise avait voulu raconter son calvaire un jour, personne ne l’aurait crue. » Cette citation du roman, couplée à la couverture de l’ouvrage résument bien l’ensemble du récit de Mathieu Albaïzeta. Un récit choc mais amené avec douceur et bienveillance. Pour traiter le sujet des femmes physiquement ou psychologiquement violentées par leur conjoint, un style percutant mais non-violent est bien pire et donc bien mieux pour un effet coup de poing !

Pendant 160 pages, on retrace la vie de Louise depuis sa rencontre avec René, son mari et son amour. La relation narcissique de contrôle se met en place à l’insu de Louise. À l’insu de tous d’ailleurs, même nous, de l’autre côté des pages. Mais le doute s’immisce et se faufile. Puis il devient flagrant et là on veut secouer Louise et lui hurler de sa barrer loin, à l’abri.

Louise et René ont été mariés pendant plus de quatre décennies. Quatre décennies d’insultes et de mots doux, de piques et de compliments, de claques et de caresses. L’amour rend aveugle, l’amour est violent quand il n’est pas partagé, l’amour peut devenir une possession si on n’y fait pas attention.

En 2019, plus de 142 000 victimes de violences conjugales ont été prises en charge par les forces de l’ordre (source France Info). Ce chiffre est tombé le jour de ma lecture. Belle piqûre de rappel !

Bref, un roman qui se lit comme un témoignage, pour ne pas oublier.