Les desossés de François d’Epenoux

Ma note : 5/5

Fiche technique et résumé de l’éditeur

Titre : Les desossés
Auteur : François d’Epenoux
Éditeur grand format : Anne Carrière
Date de sortie grand format : 9 octobre 2020
Nombre de pages : 192 pages

Résumé : Dans un luxueux chalet à l’écart d’une station de ski chic, une riche famille est bloquée par des chutes de neiges anormales, dues au dérèglement climatique. L’insouciance fait long feu. Aux premiers rationnements – d’eau, de nourriture, d’électricité – succède la faim, la vraie. Sans compter la promiscuité, les problèmes d’hygiène, le froid.

Ce qu’il reste de civilisation est touché à l’os. Le vernis craque, les masques tombent, révélant la véritable nature de chacun. L’instinct de survie fait place à la sauvagerie.

Quand le huis clos prendra fin, le feu aura retrouvé sa vocation originelle, et les fourrures d’apparat leur simple rôle de peaux de bêtes.

Ce que j’en ai pensé

Mais quelle excellente surprise ! François d’Epenoux est un auteur de littérature blanche. Son dernier roman a atterri dans ma pile à lire car il s’annonçait plus noir que ses précédents. Je n’ai pas de moyen de comparaison puisque je découvre l’auteur mais pour être noir, c’est noir !

La famille Saillard passe les vacances d’hiver dans leur chalet en Haute-Savoie. Des nouveaux riches détestables, madame en vison ou renard qui traite la bonne comme son chien, monsieur qui estime que tout lui est dû ne lâche pas son garde du corps serbe, mademoiselle qui doit avoir le dernier cri du confort pour pouvoir survivre, son mec, futur M. Saillard junior raciste et épais à souhait. Rose, la bonne de couleur, ne nage pas dans le bonheur dans ce décor très blanc. Tout ce beau monde se retrouve coincé dans le chalet. La neige tombe sans s’arrêter. Viligance rouge, état d’alerte, la vallée et ses monts sont coupés du monde.

La survie s’installe pour nos six compères. Très vite les ressources viennent à manquer et, avec la pénurie, s’installe la paranoïa et la dépression. L’ambiance tourne vite au vinaigre et les comptes se règlent. Ou pas. On s’enfonce dans la crasse physique et psychique avec nos amis qui pètent les plombs chacun leur tour. La plume grinçante, cynique et affûtée de l’auteur ajoute un gros kif à ce scénario catastrophe ! J’ai souvent souri et même ri à l’humour noir bien placé !

Bref, un presque coup de cœur postapocalyptique (encore oui) qui fait froid dans le dos (et tout court avec toute cette neige)