Je tue les enfants français dans les jardins… de Marie Neuser

Ma note : 5/5

Fiche technique et résumé de l’éditeur

Titre : Je tue les enfants français dans les jardins…
Auteur : Marie Neuser
Éditeur grand format : L’Écailler
Date de sortie grand format : 15 septembre 2011
Éditeur poche : Pocket
Date de sortie poche : 11 septembre 2014
Nombre de pages : 160 pages

Résumé : Lisa, jeune professeur d’italien, se rend chaque jour au collège comme on va à la guerre, avec, en guise d’armée ennemie, les élèves. Au fond de la classe, les garçons se disputent le rôle de commandant en chef en rivalisant d’insultes et de menaces. Du côté des filles, ce n’est guère plus apaisé : comment faire comprendre à une gamine de douze ans qu’elle ne doit pas se prostituer, même pour se payer des vêtements de marque?
Seule solution pour survivre sur ce champ de bataille où règne la loi du plus fort, se forger une carapace, en attendant son heure… l’heure de la contre-attaque.

Ce que j’en ai pensé

C’est avec un titre provocateur que Marie Neuser entre dans le monde du roman noir ! Un titre qui repousse ou attire selon nos sensibilités. Mais un sujet social fort et hautement d’actualité ! L’auteure est enseignante et tire une partie de son récit de son expérience professionnelle et ses débordements.

Professeure d’italien dans un lycée de Zone Sensible, Lisa nous raconte son combat quotidien contre une armée en guerre contre les interdictions et les limites. Une armée d’adolescents rebelles.

« On me traite de pute et de salope tous les jours et j’ai l’arcade sourcilière éclatée. »

Un étalage de la sauvagerie de ces jeunes à qui personne, pas même les parents, n’arrive à donner de limites. Des adolescents avec un sentiment de surpuissance et d’invincibilité. Mais surtout un cri d’alarme sur la dangerosité de certains de nos futurs adultes. Un cri d’alarme sur le harcèlement, les menaces, les insultes subies par nos enseignants et les autres élèves.

Ayant passé quatre années en ZEP au collège (ça s’appelait pas Zones sensibles à l’époque), j’ai compris et ressenti la douleur et la détresse de cette enseignante devant les attaques quotidiennes terrifiantes. Cette peur au ventre tous les matins, ce soulagement au dernier jour avant les vacances. Un livre coup de poing pour moi !

Bref, un titre dérangeant pour un sujet fort qui l’est tout autant et peu abordé. À lire !