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Luciole chroniqueuse

Viol, une histoire d’amour de Joyce Carol Oates

Ma note : 4/5

Fiche technique et résumé de l’éditeur

Titre : Viol, une histoire d’amour
Auteur : Joyce Carol Oates
Éditeur poche : Points
Date de sortie poche : 2006
Nombre de pages : 192 pages

Résumé : Ils étaient cinq. Ivres, camés. L’ordinaire de leurs samedis soirs, quoi… Peut-être encore plus excités ce samedi-là, au soir du 4 juillet. Et, vers minuit, la belle Tina Maguire, après avoir célébré la fête nationale chez des amis, a eu le tort de couper court à travers le parc pour rentrer plus vite chez elle avec sa gamine Bethie, 12 ans. Ils l’ont laissée pour morte dans le hangar à bateaux. Une tournante comme on n’ose pas en imaginer. Une abomination à laquelle a assisté, réfugiée derrière un tas de vieux canoës, la petite fille. Qui a pu finalement se traîner jusqu’à la route pour appeler au secours, et a ainsi sauvé sa mère.

Sauvé ? En fait, dès l’avant-procès, l’attitude du juge et les propos de l’avocat des voyous ont pratiquement massacré Tina une seconde fois. Un avocat de haut vol, payé à prix d’or, qui, malgré des preuves contraires accablantes, a brandi l’argument qui fait mouche, clamant haut et fort ce que certaines bonnes âmes pensaient tout bas: elle l’a bien cherché… en fait elle l’a cherché tout court. Ça lui pendait au nez…

Ce que j’en ai pensé

Et bim encore une lecture d’actualité révoltante ! Ce texte date de 2003 et c’est encore un triste constat de l’évolution si désespérante des droits des femmes. Surtout récemment aux USA.

4 juillet 1996, Niagara Falls, États-Unis. Tina Maguire et sa fille rentrent d’une fête en passant par un chemin moins fréquenté. Elles se font alpaguer par un groupe de jeunes hommes alcoolisés et drogués. Enhardis par les stupéfiants, ils violent Tina devant sa fille de 12 ans. Ils la laissent pour morte.

180 pages sur l’après. La destruction morale et physique de Tina, le procès. Mais surtout sa réputation qui fait tout : « Tina est une pute alcoolique, elle l’a bien cherché ». J’avais prévenu que c’était révoltant. Tina est donc une veuve qui profite de la vie mais dans une petite ville les rumeurs vont bon train et les exagérations aussi. Refaire sa vie ? Festoyer ? Quelle belle salope ! Mais nous le sommes toutes alors ??

Entre ces pages, c’est un combat quotidien que mènent Tina et sa fille Bethel (fille de salope bien entendu). Un combat pour le droit des femmes, un combat pour être défendue correctement en tant que victime, un combat pour une peine juste pour les violeurs, un combat pour cette jeune fille dont on a volé l’enfance et l’innocence en cette nuit atroce, un combat contre les préjugés, un combat contre des moulins à vent dans cette atmosphère archaïque et patriarcale où la femme ne peut plus jouir de la vie si elle est veuve et mère.

Bref, un combat qu’on ne doit JAMAIS arrêter.

9 réponses sur « Viol, une histoire d’amour de Joyce Carol Oates »

Un combat comme tu dis, Lucile que l’on ne doit JAMAIS ARRETER. Je viderais bien les prisons des violeurs, j’ai plein d’idées là dessus..
Merci à toi pour la chronique qui tabasse

J’en ferais des castras tout de suite. Punir par là où on a pêché. Plus de récidivistes.
On viole. On est castré. On résoudra comme ça.

C’est ce que je pense.
Alors que la castration chimique, il faut suivre le traitement, qui doit coûter cher à la sécu, je suppose. Donc traitement à la base, on coupe et hop. Au suivant.
Je suis d’une grande douceur aujourd’hui 🙂

C’est bien comme ça que je l’avais compris. Un second viol d’ordre moral d’une morte qui ne peut pas se défendre.
Le bromure, c’est tombé en désuétude ça ? Dommage

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