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Luciole chroniqueuse

S’adapter ou mourir d’Antoine Renand

Ma note : 4/5

Fiche technique et résumé de l’éditeur

Titre : S’adapter ou mourir
Auteur : Antoine Renand
Éditeur grand format : Robert Laffont, collection La Bête Noire
Date de sortie grand format : octobre 2021
Nombre de pages : 576 pages

Résumé : Elle a 17 ans et s’est enfuie de chez sa mère pour se sentir enfin libre. Accompagnée de son petit ami, elle fait escale chez un homme qu’elle n’a jamais rencontré mais avec lequel elle discute depuis des mois sur Internet. Elle en a fait son confident. Alors qu’il pourrait bien s’agir du plus abject des monstres… 
Il a 40 ans, est réalisateur de cinéma, en couple avec la même femme depuis leurs années de lycée. De soudains déboires conjugaux et professionnels le contraignent à trouver un job alimentaire : modérateur pour Lifebook, le plus important des réseaux sociaux. Sa mission : supprimer des vidéos interdites du fait de leur caractère choquant, sexuel ou ultraviolent. 
Dans une société en constante évolution, où le précepte « S’adapter ou mourir » connaît des résonnances tant dans la folie meurtrière des hommes que dans le monde du travail, les destins de ces deux êtres, si éloignés au départ, finiront par s’entrechoquer. 

Ce que j’en ai pensé

Je referme ce roman avec un sentiment mitigé. S’adapter ou mourir est le troisième roman d’Antoine Renand. J’avais eu un coup de coeur pour son premier, L’empathie, un soupçon de déception pour le deuxième (mais pas facile d’arriver après la claque du premier) et un entre-deux plus positif pour ce troisième.

Le récit suit deux personnages principaux. Ambre, grande adolescente qui fuit son domicile avec son mec. Ils font escale chez Baptiste, avec qui Ambre a beaucoup discuté sur MSN (c’était en 2011). Sauf que Baptiste n’est pas le doux confident qu’il a semblé être pendant des mois. C’est le pire sadique sur lequel Ambre et son mec pouvait tomber. Ils se retrouvent séquestrés et dressés à coup de sévices et privations. En parallèle, on fait la connaissance d’Arthur, réalisateur loser de quarante ans qui se fait larguer par sa femme et décroche un job alimentaire : modérateur de contenu pour un réseau social. Il doit visionner des vidéos signalées, bien souvent immondes, et les valider ou effacer.

J’ai été absolument et entièrement happée par les passages concernant la pauvre Ambre et sa vie de torture et de violence. Baptiste est un méchant qu’on aime détester ! Et il est plein de ressources pour ses protégés ! Par contre, j’ai trouvé le style beaucoup moins vif pour les parties sur Arthur et son récit assez long à se mettre en place pour entrer dans le vif du sujet. L’alternance de présent et de passé simple dans l’écriture a hachuré ma lecture et mon ressenti immédiat est donc mitigé. Pour autant, après réflexion, mon ressenti se place du côté positif de la balance. Les quelques failles ne masquent pas les parties rythmées et trash du reste du récit.

La psychologie des personnages est aussi très bien travaillée et les questionnements sont nombreux. Le sujet de la violence exponentielle est bien exploité entre ces lignes, tant du côté individuel d’Ambre que du côté collectif avec Arthur et ses modérations et réactions.

Bref, vivement le quatrième roman !

5 réponses sur « S’adapter ou mourir d’Antoine Renand »

En fait, il fait digérer la lecture, tellement elle tabasse. Je me posais la question comme toi, Lucile, pour savoir comment l’auteur allait retomber sur ses deux pieds avec un épilogue de près de 50 pages. C’est avec le recul que l’on se dit waouhhh. La maison bleue et ses habitants me manquent.
Très belle chronique. Et vivement le prochain comme tu dis.

Même après digestion, j’ai trouvé trop d’inégalité dans le style, le rythme. La fin ne me plaît pas vraiment. Mais en même temps, elle colle. Elle aussi me mitige 🙂

Je trouve ça génial. Deux avis différents sur une même lecture, c’est ça qui fait notre force ( la différence)

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