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Sa majesté des mouches de William Golding

Ma note : Coup de coeur

Fiche technique et résumé de l’éditeur

Titre : Sa majesté des mouches
Auteur : William Golding
Éditeur : Folio
Date de sortie : 1954
Nombre de pages : 256 pages

Résumé : Une bande de garçons de six à douze ans se trouve jetée par un naufrage sur une île déserte montagneuse, où poussent des arbres tropicaux et gîtent des animaux sauvages. L’aventure apparaît d’abord aux enfants comme de merveilleuses vacances. On peut se nourrir de fruits, se baigner, jouer à Robinson.
Mais il faut s’organiser. Suivant les meilleures traditions des collèges anglais, on élit un chef. C’est Ralph, qui s’entoure de Porcinet, «l’intellectuel» un peu ridicule, et de Simon.
Mais bientôt un rival de Ralph se porte à la tête d’une bande rivale, et la bagarre entre les deux bandes devient rapidement si grave que Simon et Porcinet sont tués. Ralph échappe de justesse, sauvé par l’arrivée des adultes.

Ce que j’en ai pensé

Sa Majesté des Mouches est un roman poignant et brutal qui nous rappelle froidement que, sans loi ni autorité, l’Homme est un animal qui n’a aucune raison de maîtriser ses instincts primaires et sauvages.

Un groupe de garçons d’une école anglaise sont survivants du crash d’un avion. Ils se retrouvent, sans adulte, bloqués sur une île déserte. Ils sont partagés entre l’innocence enfantine et la tentation de transgresser des règles. Ils veulent s’amuser, sans contraintes, ils jouent, chassent, courent, dansent et rient. Ils ne s’occupent pas du feu, ne construisent pas d’abris… Quand aucune limite n’existe, qu’est-ce qui peut en empêcher certains de vouloir tester jusqu’où peut aller la violence et la transgression des règles de leur vie citadine ? Les autres ne peuvent que se sentir impuissant face à la barbarie naissante.

Dès le début du roman, deux leaders se disputent la place de chef. Ralph est de nature plutôt calme, il a de bonnes idées pour la survie mais il ne propose rien d’amusant. C’est en quelques sorte la représentation adulte. En face de lui, il y a Jack, un garçon violent et sanguinaire, surtout quand il part chasser le cochon sauvage. La tension entre les deux monte crescendo jusqu’à exploser et le groupe d’enfants est scindés en deux : ceux qui chassent, font la fête et s’amusent, menés par Jack; et ceux qui s’occupent du feu qui fera la fumée nécessaire pour être vus et sauvés, menés par Ralph. Les tensions montent et une guerre de clans éclate.

Les membres du groupe de Jack perdent petit à petit leur humanité et leur respect pour les vies humaines et les valeurs fondamentales qui nous différencient des animaux. Plus rien ne peut arrêter ces sauvages d’assouvir leurs pulsions animales et grégaires. Traquer sa proie pour le jeu, tel un chat avec une souris. Les plus jeunes se laissent guider par un Jack qui a soif de sang, de vengeance et de violence. Un prédateur qui se délecte de la terreur de ses victimes.

C’est clairement un roman qui fait froid dans le dos. L’évolution de cette micro-société livrée à elle-même est déroutante et réaliste. La différence entre le bien et le mal, illustrée par deux camps sur l’île et dirigée par deux personnalités opposées. Les gentils et les méchants, les responsables et les imprudents, la démocratie et la dictature. Une dichotomie bien décrite dans ce grand classique de la littérature anglaise !

Bref, un chef d’oeuvre !

3 réponses sur « Sa majesté des mouches de William Golding »

Ah ben voilà. Genre deux ans de vacances, version William Golding. J’en frissonne à la lecture de ta chronique. Bravo à toi Lucile.

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