La vraie vie d’Adeline Dieudonné

Ma note :

Fiche technique et résumé de l’éditeur

Titre : La vraie vie
Auteur : Adeline Dieudonné
Éditeur grand format : L’Iconoclaste
Date de sortie grand format : 29 août 2018
Éditeur poche : Le Livre de Poche
Date de sortie poche : 25 mars 2020
Nombre de pages : 216 pages

Résumé : C’est un pavillon qui ressemble à tous ceux du lotissement. Ou presque. Chez eux, il y a quatre chambres. La sienne, celle de son petit frère Gilles, celle des parents, et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. La mère est transparente, soumise aux humeurs de son mari. Le samedi se passe à jouer dans les carcasses de voitures de la décharge. Jusqu’au jour où un violent accident vient faire bégayer le présent.
Dès lors, Gilles ne rit plus. Elle, avec ses dix ans, voudrait revenir en arrière. Effacer cette vie qui lui apparaît comme le brouillon de l’autre. La vraie. Alors elle retrousse ses manches et plonge tête la première dans le cru de l’existence. Elle fait diversion, passe entre les coups, et conserve l’espoir fou que tout s’arrange un jour.

Ce que j’en ai pensé

La vraie vie d’Adeline Dieudonné est sorti l’année dernier en grand format. Dès sa sortie, une pluie de prix l’a accompagné. Il faisait légion sur les réseaux et en général je fuis ce genre de lecture. Mon côté mouton solitaire. Avec sa récente sortie en poche, j’ai voulu m’y plonger, intriguée par ce battage médiatique et la noirceur dont on parlait.

Pour être noir c’est noir. Une petite fille de dix ans nous raconte sa vie triste et glauque. Un père violent et alcoolique, chasseur de gibier ou regardeur de télé. Une mère amibe. Une enveloppe vide qui ne sert qu’à entretenir la maison, son mari et subir insultes et coups. Son frère Gilles, enfant souriant et heureux et elle. On ne connaît que le prénom du frère. Ils habitent dans une maison de banlieue moche où toutes les maisons grises se ressemblent. Seul le glacier égaye leur morne routine. Mais quand celui-ci s’explose la tête avec le siphon à chantilly, c’est le début de la fin. Gilles ne sourit plus.

Alors cette petite fille, très mature pour son âge, comme certains enfants élevés dans des milieux pauvres intellectuellement et où la violence est la règle, se met en tête de sauver le sourire de son frère et changer le monde.

Autant la noirceur est bien là. Cette vision de vie d’une gamine de ses dix à quinze ans est dure, sans concession, sans censure. Aucune scène de violence n’est narrée mais le ressenti de la peur quotidien est là. Par contre, pour moi, ça n’a pas été le coup de coeur quasi unanime. Mais une excellente lecture et un très bon moment avec cette famille particulière. La force de cette petite fille est contagieuse, sa rage de vivre et de s’en sortir aussi et ça fait du bien. Au départ, juste après la lecture, j’avais trouvé la fin trop abrupte mais avec du recul, plus longue elle aurait manqué de sens et est donc une parfaite clôture.

Bref, un roman noir bien noir avec des références à Retour vers le futur, une future femme forte qui s’ajoute au monde littéraire et de la lumière au bout du tunnel.