Tâches rousses de Morgane Montoriol

Ma note : 3/5

Fiche technique et résumé de l’éditeur

Titre : Tâches rousses
Auteur : Morgane Montoriol
Éditeur grand format : Albin Michel
Date de sortie grand format : 29 janvier 2020
Nombre de pages : 368 pages

Résumé : Leah Westbrook a disparu un après-midi de septembre, dans une petite ville de l’Oklahoma. Elle avait quatorze ans. Son corps n’a jamais été retrouvé. Depuis, sa soeur, Beck, a quitté la ville pour s’installer à Los Angeles. Elle vit par procuration le rêve de Leah, en tentant une carrière de comédienne. Sans aucun entrain. Contrairement à sa soeur, dont la peau était parfaitement unie, le visage de Beck est couvert de taches de rousseur. Des taches qu’elle abhorre et qui lui rappellent l’extrême violence de son père. Bientôt, des corps atrocement mutilés sont retrouvés dans le quartier d’Hollywood où elle a vécu. L’oeuvre d’un tueur en série que la police peine à attraper. Peut-être cet homme aux yeux terribles, qui suit Beck partout…
Avec ce roman cru et fiévreux, Morgane Montoriol s’impose comme une voix singulière.

Ce que j’en ai pensé

Tout partait bien avec une intrigue familiale, une disparition, un père violent et un homme étrange qui aime l’horreur. Un langage cru parfois même un peu trop et qui devient du coup un peu vulgaire. Un point négatif comblé par un rythme excellent mêlant passé et présent raconté par Beck qui vit la vie de sa sœur envolée il y a plusieurs années.

Leah et Beck vivaient dans un bled paumé de l’Amérique. Leur père les maltraitait à la moindre occasion, sous le regard détourné de leur mère, et leur désir de grandir et fuir cette vie est devenue leur moteur. Leah voulait être actrice à Los Angeles. Mais elle a disparu à 14 ans sans pouvoir vivre cette vie pleine d’étoiles. Beck a mis sa vie à elle de côté et est devenue actrice, pour réaliser le rêve de cette sœur disparue. Elle fait tout ce que Leah aurait aimé. Pour être sa sœur et s’éloigner encore plus de son père et ce passe ignoble, elle va même jusqu’à effacer ses tâches de rousseur sous du maquillage épais, son point commun physique avec son géniteur.

En parallèle de cette histoire familiale complexe et terrible, on suit Wes, une autre voix de ce roman polyphonique. Wes est artiste peintre. Mais Wes est surtout torturé et tordu. Il ne prend son pied qu’avec de la violence. Le sang l’excite. Alors quand des cadavres s’entassent dans la vie de Beck, c’est un questionnement sans fin et une remise en question de toute sa vie, celle d’avant et celle où elle remplace sa sœur. La mère a aussi voix au chapitre mais c’était la voix de trop, qui n’apporte que redondance de ce passe glauque.

Après une première moitié haletante, frémissante, dérangeante, perturbante, le soufflé est retombé pour moi. Le style s’est assagi, l’histoire s’est aplatie et la fin a tourné court. J’étais partie positive et j’ai été plutôt déçue. Malgré tout, cette auteure m’intrigue et je lirai son prochain roman.