Du poison dans la tête de Jacques Saussey

Ma note : 5/5

Fiche technique et résumé de l’éditeur

Titre : Du poison dans la tête
Auteur : Jacques Saussey
Éditeur grand format : French Pulp
Date de sortie grand format : 24 octobre
Nombre de pages : 592 pages

Résumé : « Elle a incliné le cou, le visage déformé par les flocons épais qui se déposaient déjà sur le carreau. Elle a cherché son regard à travers le verre qui s’opacifiait de seconde en seconde, mais les lunettes noires l’ont empêchée de le trouver. Alors, elle s’est détournée vers le pont et elle a commencé à marcher en direction de la gare, son manteau ouvert claquant sur ses jambes face au vent glacial.
Dans la voiture, le son des feux de détresse rythmait sa progression comme le tic-tac d’une minuterie. Une femme qui arrivait en sens inverse s’est retournée sur elle. Elle a eu un temps d’arrêt, comme si elle doutait de ce qu’elle venait d’apercevoir.
Il a vu un panache de vapeur sortir de la bouche de l’inconnue. Elle s’est figée d’horreur au moment où Myriam a laissé tomber son manteau dans la neige et a enjambé le parapet. Elle s’est précipitée vers elle en hurlant, mais il était trop tard.
Après un dernier regard en direction de la voiture immobile, Myriam, entièrement nue, avait déjà sauté dans le fleuve. »

Ce que j’en ai pensé

Avec ce treizième roman, et le neuvième mettant en scène le commandant Daniel Magne et l’inspectrice Lise Heslin, Jacques Saussey nous livre un polar bien rythmé en trois temps et toujours avec sa plume exquise.

Une partie très personnelle de la vie de Daniel et Lise qui s’en prennent encore plein la tronche. Daniel se donne à 1000% dans une enquête qui touche son passé, un cold case qu’il veut vérifier au risque d’y perdre des grosses plumes. Bien sûr il enquête tout seul sans échanger avec qui que ce soit. Une seconde partie purement enquête policière mais menée en sous-marin par les collègues de Magne. Rien d’officiel encore une fois. Et une dernière partie, fil d’Ariane divulguant un message féministe et fort comme dans son roman précédent, Enfermé.e qui va impacter tous les protagonistes.

La lutte contre la violence faite aux femmes est un combat de l’auteur et il utilise ses romans pour faire passer des messages. Des statistiques glaçantes car réelles sont placées en début de roman. Ici, la violence au sein du couple et comme postulat de départ un couple dont l’un est pervers narcissique. L’idée est venue de là et bien sûr, Jacques pousse le vice jusqu’au bout du bout et fabrique un serial killer manipulateur.

Pour des raisons personnelles, ce thème de relation amoureuse avec un.e pervers.e narcissique m’a profondément marqué et a réveillé en moi les souvenirs d’un ancien combat (gagné). Mesdames et messieurs (ça arrive aussi), ne vous laissez pas abuser. Votre voie compte. Vous avez le droit de penser, de raisonner par vous même, de choisir, de dire non et de partir.

J’ai rencontré Daniel et Lise dans 7/13 et je suis donc spoilée sur la création de leur couple et vie commune. Mais même si je ne les connais pas depuis le début, Jacques a réussi à ce que je m’y attache en cours de route et j’ai terminé le roman avec peine pour eux et pour la suite que j’ai autant hâte de lire que les débuts !