Les prisonniers de la liberté de Luca di Fulvio

Ma note : 5/5 Coup de coeur

Fiche technique et résumé de l’éditeur

Titre : Les prisonniers de la liberté
Auteur : Luca di Fulvio
Éditeur grand format : Slatkine et compagnie
Date de sortie grand format : 12 septembre 2019
Nombre de pages : 688 pages

Résumé : 1913, trois jeunes gens embarquent pour l’Argentine. La rebelle Rosetta fuit son village italien. A la mort de ses parents, harcelée, elle n’a eu d’autre choix que d’abandonner sa ferme. Rocco, fier et fougueux jeune homme, laisse derrière lui sa Sicile natale. Il refuse de se soumettre à la Mafia locale. Raechel, petite juive russe, a vu sa famille décimée dans un pogrom. Elle n’emporte avec elle que le souvenir de son père. Le nouveau monde les réunira.

Ce que j’en ai pensé

Ce roman a été de nombreuses fois comparé au Gang des rêves. Un roman que j’avais noté 5/5 mais sans y mettre de coup de coeur. Je viens de l’ajouter sur mon ancienne chronique parce qu’après des mois et des mois, les personnages sont toujours dans mes pensées. Ici, je n’hésite plus et je mets aussitôt cette mention de coup de cœur parce que je sais que les trois R du roman vont rester avec moi pendant longtemps encore.

Je pourrais facilement m’arrêter là dans ma chronique parce que tout est dit pour vous donner envie de le lire. Mais il manque l’essentiel, n’est-ce pas ? Que fait l’œil de luciole avec un roman de littérature blanche entre les mains ? Tout simplement parce que Luca malmène ses personnages encore plus que le plus dur des écrivains de thrillers ! Et ces personnages-là, on s’y attache à la vitesse de la lumière. Tiens parlons-en de la lumière. Il y en a un soupçon dans le Gang des rêves et dans Les prisonniers de la liberté aussi. Mais avant que ça s’éclaire, c’est sombre, noire, glauque, malsain et violent. Voilà pourquoi il a atterri entre mes mains !

Les trois R dont je parle dans le premier paragraphe sont Rocco, Raquel et Rosetta. Trois personnages détruits, souillés, perdus. Trois personnages qui ne se connaissent pas. Trois R qui débarquent de gré ou de force à Buenos Aires pour conquérir le Nouveau Monde. On est en 1913, à une époque ou une femme n’a qu’un seul métier à faire quand elle débarque dans un nouveau pays. Une époque ou Rocco ne peut finalement pas quitter la mafia car c’est la seule chose qui va lui permettre de survivre les premiers jours. Les nouveaux arrivants ne sont pas aidés dans ce Nouveau Monde et puissance et richesse enviées ou promises sont bien loin dans les rêves d’évasion de nos trois compères et de celles et ceux qui les ont précédés.

Evidemment leur route se croise, se décroise et se recroise. Ce roman est un crève coeur et un coup de coeur. Un roman où les femmes sont d’une force incroyable pour ne pas se laisser faire par les hommes qui n’y voient qu’un trou à brutaliser et souiller. Des femmes qui ne sont pas d’accord avec le fait d’être inférieures aux hommes parce qu’elles n’ont rien entre les jambes. Heureusement, tous les hommes ne sont pas comme ça. Rocco bien sûr fait partie des bons. Mais les bons prennent chers dans ce genre de roman et surtout celui-ci avant de voir le bout du tunnel. Un long long tunnel que j’ai suivi avec plaisir (et angoisse), guidée par Luca.

La Sociedad Israelita de Socorros Mutuos Varsovia citée dans le roman a existé (Le mot Varsovia a été retiré par la suite). Les femmes qui devaient faire 60 passes par jour n’est pas une invention de l’auteur ni une surenchère de violence. Je ne savais pas qu’une telle organisation mondiale existait. On ne veut jamais savoir l’horreur et du coup c’est bien quand les auteurs en parlent. Tout est plus largement expliqué en note de fin de roman par Luca di Fulvio.

C’est officiel, je suis fan de la plume de Luca di Fulvio !