Gen d’Hiroshima de Kenji Nakazawa (manga)

Ma note : 5/5 Coup de coeur

Fiche technique et résumé de l’éditeur

Titre : Gen d’Hiroshima
Auteur : Kenji Nakazawa
Éditeur : Vertige Graphic
Date de sortie : 1983 pour la première sortie, 2018 pour l’intégrale
Nombre de tomes : 5 tomes
Nombre de pages : Entre 528 et 552 pages par tome

Résumé : 6 août 1945, les États- Unis larguent la bombe atomique sur Hiroshima. Keiji Nakazawa a sept ans. Son père, sa soeur et son frère cadet n’y survivront pas.

Ce que j’en ai pensé

Je me suis mise au manga courant 2019. J’ai commencé par un pur thriller avec tueur en série (Museum, en 2 tomes grand format que je recommande chaudement). Mais quand je fais quelque chose, j’aime le faire jusqu’au bout. Alors quand j’ai appris que Gen d’Hiroshima était le premier manga édité en France, j’ai voulu le lire sans même savoir de quoi cela parlait.

Kenji Nakazawa, le mangaka, a écrit un récit à 80% autobiographique. Il vivait à Hiroshima et nous raconte son histoire et celle de beaucoup de civils et soldats japonais et coréens entre début août 1945 et 1953. Ces périodes s’étalent sur les 5 tomes doubles. Kenji, pour cette histoire, devient Gen, un petit garçon de sept ans qui vit avec sa famille et pour qui, comme pour des milliers de personnes, la vie va s’arrêter le 6 août 1945. Les images sont dures mais réalistes. Il n’y a pas de surviolence et l’auteur montre ce qu’il a vu petit.

Mais le manga va au-delà de ce jour inoubliable. Il creuse et raconte la vie des pauvres, la vie des civils après la bombe. Comment se reconstruire ? Qu’est-ce qui leur est tombé dessus ? Ils n’ont rien demandé à cette guerre alors pourquoi cette Bombe brûlante a été envoyé à Hiroshima (et Nagasaki, cité dans le manga) ? Pourquoi les Américains les envahissent ? Pourquoi récupèrent-ils les cadavres pour les étudier ? Et cette dévotion à l’Empereur… Sous les yeux de Gen, innocent mais curieux et d’une force d’envie de vivre rare, c’est toute l’incompréhension d’un monde qui se barre en couille (je dis ce que je veux, c’est mon blog !).

Gen est un enfant gentil et généreux. Il est capable de sacrifier des heures de travail et ce qu’il a maigrement gagné pour aider des inconnus. Certains deviendront des amis et sa nouvelle famille. Survivre dans un monde en ruine et qui 8 ans après La Bombe, fait encore des dégâts et des morts suite aux radiations. J’ai passé plusieurs heures joyeuses, tristes, émouvantes, abominables avec Gen et ses compagnons d’aventure. Je ne suis pas prête d’oublier cette lecture !

Petit plus : dans chaque tome, il y a un avant-propos comportant une explication plus « scolaire » des faits historiques de ces tristes années. L’avant-propos corrige aussi quelques détails historiquement faux dans le récit de Kenji. J’ai rattrapé pas mal d’heures de cours d’Histoire de lycée avec beaucoup plus de fun ! Le dessin est simple. les images post-bombe sont terribles mais d’autres plus « comiques » font un peu passer l’horreur de ce bout d’Histoire.