Les 7 jours du Talion de Patrick Sénécal

Ma note : 5/5

Fiche technique et résumé de l’éditeur

Titre : Les 7 jours du Talion
Auteur : Patrick Sénécal
Éditeur grand québécois : Alire
Date de sortie québécoise : 17 Octobre 2002
Éditeur grand format : Editions Fleuve, collection Fleuve Noir
Date de sortie grand format : 15 novembre 2018
Nombre de pages : 360 pages

Résumé : Bruno Hamel et sa compagne Sylvie forment un couple bourgeois à l’existence tranquille, avec leur fille unique de sept ans. Tout bascule un jour d’automne, où Jasmine ne rentre pas de l’école. Après quelques heures de recherches, elle est retrouvée morte — elle a été violée et étranglée—, dans les fourrés près de l’école. Dès lors, l’univers de Bruno vacille. Il se fait de plus en plus distant, gagné par une haine sourde. Aussi, lorsque la police arrête le meurtrier, un terrible projet germe dans son esprit : il va s’emparer du coupable et lui faire payer ce qu’il a fait à sa petite fille. Le jour de sa comparution, il le kidnappe. Tandis que la police fait tout pour le retrouver avant qu’il ne soit allé trop loin, Bruno s’enferme avec le meurtrier dans un chalet isolé, au fond de la forêt québécoise. Sept jours au cours desquels le chirurgien si humain et fou d’amour pour sa fillette s’enfonce dans une folie de vengeance glaciale, jusqu’à ne plus savoir : le monstre, est-ce lui ou l’autre ?

Ce que j’en ai pensé

Patrick Sénécal est un grand du thriller québécois et ses œuvres arrivent au compte-goutte en France grâce à Fleuve Editions. Les 7 jours du Talion n’est que le second roman que je lis de l’auteur mais il fait déjà partie de mes chouchous. Le Vide a laissé une empreinte indélébile dans ma mémoire !

La petite fille de Bruno Hammel est retrouvée violée et sauvagement assassinée. La rage et la haine de Bruno vont monter crescendo et lorsque le coupable doit comparaître devant le juge, il est prêt : il l’enlève et prévoit de passer sept jours en tête-à-tête pour se venger.

On connaît Patrick Sénécal pour sa violence et je m’attendais à un roman de torture. Mais c’est sans oublier que le fond de violence dans la plume du maître québécois n’est là que pour étayer une critique sociétale. Comme dans Le Vide, il y a quelques scènes insoutenables mais l’essentiel du récit est centré autour de cette décision de vengeance de la part de ce père désemparé. Jusqu’où va-t-il aller ? Peut-il assumer sa décision et la mise en place de son plan machiavélique ? Comment va-t-il réagir face au meurtrier de sa fille ? Comment passe-t-on de victime à bourreau ? et quelles plumes on y laisse au passage ? La psychologie de Bruno est décryptée dans les moindre détail et on ne peut s’empêcher de se demander si, nous aussi, on serait capable de faire justice nous-mêmes.

Un questionnement fort confronté à l’opinion publique dans le roman avec des partisans du pour et du contre et leurs arguments. Les 7 jours du Talion ne peut pas laisser indifférent. Il secoue et agresse avec un fort sentiment anxiogène. J’ai adoré !