Les Démoniaques de Mattias Köping

Ma note : 5/5

Fiche technique et résumé de l’éditeur

Titre : Les Démoniaques
Auteur : Mattias Köping
Éditeur grand format : Ring Editions
Date de sortie grand format : 6 octobre 2016
Éditeur poche : La Mécanique Générale (Ring)
Date de sortie poche : 19 avril 2018
Nombre de pages en poche : 372 pages

Résumé : C’est l’histoire d’une vengeance.
L’histoire d’une fille qui affronte une bête.
Son proxénète, son violeur.
Son père.
Drogues, meurtres, esclaves sexuelles, pédophilie. Au cœur d’un village qui borde l’autoroute, entre marécages lugubres et forêts profondes, un monstre se déploie.
Depuis la Souille, son repère situé au cœur de la forêt, l’Ours dirige son clan d’une poigne de fer et repousse chaque jour les frontières de son empire criminel.
Sa fille Kimy n’a qu’une obsession : attendre froidement l’heure de la vengeance. Car si personne ne se souvient de son visage, nul n’oubliera sa colère.

Ce que j’en ai pensé

J’avais vu passer la couverture puissante de ce roman sur les réseaux sociaux à sa sortie en grand format chez Ring. Je sais que cette maison d’édition ose tout et publie souvent du bon trash. Mais attention, le dégueu sans intérêt à l’histoire ne m’intéresse pas et ça tombe bien parce qu’ici, on n’a pas de violence gratuite. Mais on a de la violence, beaucoup même ! Âmes sensibles s’abstenir !

J’ai rencontré Mattias Köping au Saint-Maur en Poche de cette année. Pour me donner le ton de son roman, il m’a fait lire la quatrième de couverture de la version poche. Celle publiée plus haut est le résumé de Ring. Chez La Mécanique Gérénale (l’édition poche de Ring), ils ont préféré mettre le premier chapitre qui est un unique paragraphe. Je l’ai lu et comme d’habitude, l’auteur a dû me prendre pour une tarée à cause de mon « Ah ouais ! J’adore, je prends !! ». Voici le premier paragraphe en question :

Ils reprennent en cœur :

« Joyeux anniversaire, salope ! Joyeux anniversaire salope ! »

Ils l’ont encerclée, hilares, à poil. Ils sont tous là, son père, son oncle, Simplet, Waldberg, Delveau, Beloncle. Elle est nue, déchirée de sanglots. Son père la maintient par les cheveux.

Elle s’appelle Kimy.

Ce soir, on fête ses quinze ans.

L’ambiance est posée. C’est une des scènes les plus trash du roman et le reste est bien sûr extrêmement violent mais le récit ne suit pas tout du long ce genre de scènes. Kimy en a marre de cette vie de servitude, de vendre de la came et d’être la prostitué de son père. Un jour, 3 ans après le premier chapitre, il va lui arriver quelque chose de fou. Elle vole un livre laissé devant la maison d’un homme qu’elle ne connait pas, un professeur. Ce petit larcin va changer sa vie et augmenter son désir de fuite et de vengeance.

Dans sa dédicace, l’auteur me dit qu’il y a de la lumière dans la noirceur et c’est vrai. Aussi glauque et violent qu’est ce roman, il est aussi optimiste et lumineux. Une histoire de drogue et de prostitution dans la campagne française, avec un peu de politique et surtout des envies de s’en sortir ! Le style est acéré et addictif, le rythme est soutenu et sans aucun temps mort. On sent bien la documentation sur le fonctionnement du marché du sexe des filles de l’est, de l’usine qu’est le marché de la drogue. C’est effarant de réalisme et ça donne des frissons pendant la canicule ! J’ai dévoré le roman en un week-end à la campagne et je me suis littéralement régalée ! Vivement le prochain !