Toutes blessent la dernière tue de Karine Giebel

Ma note : 5/5 coup de cœur intergalactique !

Fiche technique et résumé de l’éditeur

Titre : Toutes blessent la dernière
Auteur : Karine Giebel
Éditeur grand format : Belfond
Date de sortie grand format : 29 mars 2018
Nombre de pages : 744 pages

Résumé : Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin…
Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu’au dernier.
Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures.
Un homme dangereux.
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique.
Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Ce que j’en ai pensé

Ahh voilà, je retrouve avec délice (et frissons) la plume de Karine Giebel que j’aime, celle de Meurtres pour rédemption ! L’auteure est souvent critiquée et accusée de violence gratuite dans ces romans. Pour celui-ci, je suis en total désaccord. Attention, c’est extrêmement violent. Parfois au-delà du supportable. Mais jamais trop pour dénoncer l’esclavagisme moderne, ici, en France en 2018.

On suit la jeune Tama, 9 ans, amenée du Maroc en France pour pouvoir aller à l’école et avoir une jolie vie. Un mensonge trop souvent servi. La réalité est tout autre et l’ignoble de l’humanité nous est servie sur un plateau. Il faut avoir le cœur bien accroché pour suivre ses douloureuses aventures parmi les quelques familles pour qui elle va travailler.

Heureusement, Karine Giebel pose de l’autre côté de la balance ce qu’il y a de bon en nous (enfin, en certains…). L’amitié, la bienveillance, la douceur, l’amour. On oscille entre sentiments de haine, tristesse et sourire en accompagnant la vie de Tama et celle de Gabriel. Le récit alterne deux histoires en parallèle. On ne sait pas ce qui va les relier. Gabriel est un personnage touchant. Le mec détruit mais avec une faille qui fait qu’on l’aime bien (dès le début, c’est pas un spoil).

Ce roman n’est pas un thriller ni un polar. C’est un roman noir (très noir) parce que c’est une fiction. On peut aussi le lire comme un témoignage, ce qui a été mon cas, et le moyen d’ouvrir nos yeux sur un sujet soupçonné mais qu’on a trop tendance à ne pas vouloir voir. La réalité de la nature humaine est dégueulasse et exposée en quelques centaines de pages c’est encore plus abject !

Merci Karine Giebel.

Pour aller plus loin dans la lecture, vous pouvez consulter le site de l’OICEM (Organisation internationale contre l’esclavage moderne).