La couleur des sentiments de Kathryn Stockett

Ma note : 5/5

Fiche technique et résumé de l’éditeur

Titre : La couleur des sentiments
Auteur : Kathryn Stockett
Éditeur grand format : Actes Sud
Date de sortie grand format : septembre 2010
Éditeur poche : Babel (Actes Sud)
Date de sortie poche : septembre 2012
Nombre de pages en poche : 624 pages

Résumé : Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L’insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s’enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s’exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu’on n’a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l’ont congédiée.
Mais Skeeter, la fille des Phelan, n’est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s’acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l’a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot.
La jeune bourgeoise blanche et les deux bonnes noires, poussées par une sourde envie de changer les choses malgré la peur, vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

Ce que j’en ai pensé

Avec La couleur des sentiments de Kathryn Stockett, j’ai visé juste pour le challenge du mois, #marsaufeminin ! En plus d’être écrit par une femme (la condition pour que les livres lus soit éligibles), c’est un roman sur le droit des femmes (blanches et noires) dans l’Amérique du sud dans les années 1960. En plein Mississippi cotonneux ! Ambiance quoi !

Dans ce roman polyphonique, on suit le quotidien de deux bonnes noires, Aibileen et Minny et d’une bourgeoise blanche, Skeeter. Toutes les trois sont des personnages hyper émouvants et attachants qui vont lutter comme elles peuvent contre les lois Jim Crow qui séparent les Blancs et les Noirs. Rosa Parks avait déjà commencé à faire bouger les choses en refusant de céder sa place à un Blanc dans le bus en 1955. Martin Luther King a pris la suite des commandes. Mais la route de l’égalité est longue et on s’en rend d’autant plus compte en accompagnant nos trois héroïnes.

Skeeter, malgré sa peau blanche, n’a pas que des facilités dans la vie même si elle est loin des conditions de vie des deux autres (qui ont leurs propres toilettes, qui doivent poser la tasse à café de Madame pour ne pas la toucher en lui tendant…). Elle a décidé de faire des études plutôt que de chercher un mari ! Quelle idée ! Sa mère a même peur qu’elle soit sexuellement déviante (Note : aujourd’hui, le terme politiquement correct est « homosexuelle »). Alors elle lui donne une tisane qui lutte contre ça (d’où la photo). Ouais. Ouais. C’était pas l’époque pour être carriériste !

J’ai été atterrée de la cruauté humaine avec ce roman. J’avais l’impression d’être au 19e siècle et à chaque fois que ça parlait de lave-vaisselle ou casque à bigoudis, je croyais qu’il y a avait une coquille anachronique. Alors que non. Tout ce qui est dans ce roman s’est réellement déroulé il y a moins de 60 ans dans un pays (qui semble) civilisé.

L’auteure a grandi à Jackson, Mississippi dans les années 60. Elle a souhaité rendre hommage à la bonne qui l’a élevée quand elle était enfant. Elle s’excuse en fin de roman pour avoir cru ce qu’on lui racontait sur les Noirs.

La couleur des sentiments est un roman à lire dans sa vie, comme Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (que je n’ai pas lu J la meuf crédible !). Un roman humain, poignant, touchant. A lire, vraiment !

Ce dont je suis certaine, c’est cela : je n’irai pas jusqu’à penser que je sais ce qu’on ressent quand on est une Noire dans le Mississippi, surtout dans les années 1960. Je ne pense pas que n’importe quelle Blanche qui verse un salaire à une Noire pourra jamais réellement y comprendre quoi que ce soit.