Interview : Laurent Loison se dévoile

Bonjour Laurent,
Je te remercie de te prêter au jeu et de répondre à quelques questions. Tu es un tout jeune auteur, talentueux, et déjà bien connu des réseaux sociaux où tu es très actif. Mais, beaucoup de lecteurs de polars ne te connaissent pas encore. La sortie de Cyanure le 21 septembre 2017 aux éditions Hugo & Cie, collection Hugo Thriller va résoudre tout ça et j’espère que cette petite interview donnera envie à quelques lecteurs supplémentaires de découvrir ta plume affinée et sanglante !

Merci Lucile, pour ces compliments très motivants !

 

Avant de parler lecture, parlons un peu de toi. Quand je t’ai rencontré, juste après ma lecture de Charade, ton premier roman paru chez Nouvelle Plumes en novembre 2016, tu m’expliquais que tu passais tes journées entre tes deux sociétés, l’une d’aide à la personne et l’autre d’immobilier et que tu écrivais la nuit. Tes journées se déroulent-elles de la même manière un an après ? As-tu une routine pour écrire ?

Eh oui ! Malheureusement ou heureusement, mes journées sont toujours aussi chargées. Les challenges sont nombreux et je n’ai le sentiment de vivre que si je suis au milieu d’eux. Je ne sais pas s’il s’agit d’une fuite du quotidien, de la peur de vieillir sans avoir rien accompli ; toujours est-il qu’il faut que cela bouge.
Sans cesse.
Une routine pour écrire, un rituel, un cérémonial ? Oui, j’ai ça en stock. Le téléphone en mode silencieux et mon visage se détend.
Je pose le casque sur mes oreilles et je me coupe du monde. Un moment fabuleux. Manque plus que tremper les lèvres dans un bon café.
La musique m’isole ; je m’échappe de ce monde et je pars. Sans connaitre la destination avec précision. Juste une direction, une envie et les lignes se noircissent.

 

Sur le site d’Hugo, dans ta biographie, on peut lire que tu gères un club de strip-tease dans l’Arizona. Est-ce ta société d’aide à la personne ? 😊 Raconte-nous un peu comment tu es arrivé jusqu’à là-bas.

Non, il y a un petit raccourci dans ta question. J’ai eu un bar-boite de nuit en Arizona. Mais bien avant ça, j’ai géré un site de strip-tease en ligne. Oui, c’est du service à la personne, mais bien différent de celui que je fais en ce moment 
Mais si tu veux tout savoir, voici la liste presque exhaustive des métiers auxquels je me suis confronté en tant que créateur ou gestionnaire.
Traduction technique, fournisseur d’accès internet, conseil en qualité, importateur en horlogerie, exploitant de site web d’effeuillage, bar, services à la personne, agent immobilier.
Plutôt éclectique. Chaque fois, avec le même plaisir de créer.

 

Et l’écriture dans tout ça, c’est venu comment ? Une envie cachée depuis ton enfance ? Une révélation récente ?

L’écriture est venue avec la grande dépression. Celle de la quarantaine. Le vide insondable devant l’inutilité absolue de la vie que nous menons. Le miroir aux alouettes aux allures exponentielles. L’envie de laisser une trace plus profonde. Un sillon qui peut résister aux premières neiges. Seuls les écrits restent, dit-on. Et puis, des histoires, j’en ai plein la tête, alors autant vous les raconter.

 

Et le noir dans tout ça ? Charade est un roman sanglant et Cyanure une machiavélique machination. Où puises-tu tes idées de roman ?

Dans le noir de l’Homme. Tu l’auras noté, j’ai mis un H majuscule.
L’humanité n’est pas belle ! Je n’ai pas à plonger bien profond pour en sortir cette noirceur. Elle est latente, elle est là, prête à s’abattre sur le passant innocent.
Y a-t-il un espoir ? Oui heureusement ! Mais quand ?
Ensuite ces idées, ces histoires, elles viennent avec l’envie de vous faire réfléchir, de vous amuser, de vous divertir.
Quelle belle activité que celle de donner du plaisir ? De tous les métiers que j’ai pu pratiquer, il n’y en pas un qui approche de celui d’auteur avec cette possibilité de donner du bonheur, de la joie ainsi que des moments d’évasion, à un, une ou des inconnus.

 

Te fixes-tu des challenges ou contraintes pour l’écriture de tes romans ? Dans le premier, on a tous remarqué la charade complètement tirée par les cheveux et fil conducteur de l’histoire. Le second roman, sans spoiler, est une expérience unique pour chaque lecteur qui sera directement impliqué. Les suivants auront aussi leurs particularités ? Si oui, peux-tu nous en dévoiler une partie ?

Tu es bien observatrice. En effet, je me fixe toujours un challenge technique. Pour Charade, outre cette énigme particulièrement retorse, mon challenge résidait dans l’analepse.
Il a été assez difficile de créer et faire enfler le suspense en commençant par la fin, donc cette fameuse analepse. J’avais plus de chance de me casser la g… que de réussir.
A vous de me dire.
Cyanure est construit pour cette fin et cette porte ouverte vers une possibilité de littérature différente. Celle de pouvoir faire vivre le lecteur au sein même de l’histoire.
Je suis très fier d’avoir eu cette idée. Je ne sais pas encore si elle séduira un maximum de personnes mais je tenais à ce concept et j’ai tout fait pour que l’expérience soit vécue de manière intense pour chacun, chacune d’entre vous.
Il faudra me dire car je suis vraiment soucieux de votre retour.

 

Merci Laurent de t’être dévoilé pour tes lecteurs et futurs lecteurs. En ce qui me concerne, ton coup de poker a fonctionné ! Le final de Cyanure est inoubliable !