Sa majesté des mouches de William Golding

Résumé de l’éditeur (j’ai décidé de récupérer le résumé du site Gallimard. La quatrième de couverture de l’édition Folio de 1988 en dévoile bien trop)

L’évidence est là : il n’y a pas d’adultes sur l’île, seulement des enfants. L’avion qui transportait les collégiens britanniques a pris feu avant de sombrer dans le Pacifique. Ralph rassemble les rescapés et s’efforce d’organiser la survie du groupe. Mais, s’ils sont nombreux à applaudir ses décisions, presque tous préfèrent se baigner dans le lagon ou jouer à l’ombre des palmiers, au lieu d’entretenir le feu qui alerterait les bateaux croisant au large. La nuit, cependant, leur sommeil se peuple de créatures terrifiantes. Et s’il y avait vraiment un monstre tapi dans la jungle? Sous l’impulsion de Jack, violent et jaloux de Ralph, la chasse au monstre est déclarée. Mais les partisans de Jack et ceux de Ralph ne vont pas tarder à s’affronter cruellement…

Ce que j’en ai pensé

Cette lecture est ma troisième lecture pour le Summer Challenge du #clubdelectureMS pour le thème « Au soleil, un livre qui vous évoque l’été ». L’histoire se déroule sur une île déserte, ce dont je rêve pour mes vacances d’été 🙂

C’est aussi mon troisième livre du #defilililivres, un concept de @Lililivres (Ne pas acheter de livre avant d’en avoir lu 5 de la PAL, pour faire baisser la pile 🙂 )

C’est un roman que j’ai lu enfant, il y a plus de 20 ans et que je souhaitais relire adulte. J’en gardais un bon souvenir, très vague et flou, mais je me souviens avoir aimé même si j’avais été légèrement traumatisée par la brutalité humaine. Ce sentiment est le même 20 ans plus tard. J’aime quand les livres font cet effet­ !

C’est un roman poignant et brutal qui nous rappelle froidement que, sans loi ni autorité, l’Homme est un animal qui ne doit apprendre à maîtriser ses instincts.

Les enfants survivants du crash d’un avion sont partagés entre l’innocence enfantine et la tentation de transgresser des règles. Ils veulent s’amuser, ils ne veulent pas de contraintes, ils jouent, chassent, courent, dansent et rient. Ils ne se protègent pas du soleil, ne s’occupent pas du feu, ne construisent pas d’abris… Ce sont des enfants. Les « petits » ne sont jamais décrits individuellement. C’est un groupe qui suit les « grands ». Les plus grands, eux, savent ce qu’est le Bien et ce qu’est le Mal. Ce qui ne va pas en empêcher certains de vouloir tester jusqu’où va le Mal et d’autres de se sentir impuissant face à la barbarie naissante.

Dès le début du roman, deux leaders se disputent la place de chef. Ralph, de nature plutôt calme, qui a de bonnes idées mais qui n’est pas écouté parce qu’il ne propose rien d’amusant. Conseillé par Porcinet, il veut mettre en place des règles pour survivre et surtout être secourus mais ça n’intéresse personne. En face de lui, il y a Jack. Jack est un garçon violent voire même sanguinaire, surtout quand il part chasser le cochon sauvage. La tension entre les deux monte crescendo jusqu’à exploser et le groupe d’enfants est scindés en deux : ceux qui chassent, font la fête et s’amusent, menés par Jack; et ceux qui s’occupent du feu qui fera la fumée nécessaire pour être vus et sauvés, menés par Ralph. Les tensions montent et une guerre de clans éclate.

Extrait : Les autres approuvèrent d’un signe de tête. Ils ne comprenaient que trop bien : affranchis par l’anonymat du masque de peinture, rien n’empêchait les garçons de devenir des sauvages.

Ce sont les membres du groupe de Jack qui se peignent le visage pour se camoufler pendant la chasse au cochon. Ils perdent petit à petit leur humanité et leur respect pour les vies humaines et les valeurs fondamentales qui nous différencient des animaux. Cette phrase est un moment clé du roman. L’instant où tout bascule et où plus rien ne peut arrêter ces sauvages d’assouvir leurs pulsions animales, comme un chat devant une souris. Traquer sa proie pour le jeu. Les plus jeunes se laissent guider par un Jack qui a soif de traques, de sang, de vengeance. Un prédateur qui se délecte de la terreur de ses victimes.

C’est un roman qui fait froid dans le dos. L’évolution de cette micro-société livrée à elle-même est déroutante. La différence entre le bien et le mal, illustrée par deux camps sur l’île et dirigée par deux personnalités opposées. Les gentils et les méchants, les responsables et les imprudents, les sages et les guerriers. Une dichotomie bien décrite dans ce grand classique de la littérature anglaise !

Ma note : 5/5