La pension Eva d’Andrea Camilleri

Résumé de l’éditeur

Le jeune Nenè n’a qu’une seule idée en tête : découvrir ce qui se cache derrière les murs de pension Eva. Quand il apprend qu’on y loue des femmes ? nues ! ? et que sa cousine lui explique ce qu’est la fornication, il en reste stupéfait. En plein cœur de la Seconde Guerre Mondiale, Nenè vit ses premières torpeurs érotiques et entrevoit la réalité crue de ce lieu tant fantasmé.

Ce que j’en pense

Ce livre est ma troisième lecture dans le cadre du Summer Holidays Challenge de Citadelle Imaginaire, pour le pays Italie : Le fil du temps – Lisez un livre dont l’histoire, fictive ou réelle, se déroule dans le passé. Ce roman se déroule pendant le début de la Second Guerre Mondiale et se passe, en plus, en Italie 😉

Andrea Camilleri est un auteur sicilien. Il est principalement connu pour ses polars et nous présente ici un court roman sur la découverte de la sexualité d’un jeune adolescent alors que la Seconde Guerre Mondiale approche à grand pas. L’histoire se déroule au fin fond de la Sicile du début du siècle dernier.

Le roman est écrit en sicilien. Le traducteur a respecté les coquilles orthographiques et les grammaticales de cette langue. J’ai eu du mal à m’habituer à ce style d’écriture et cela a été un frein dans mon plaisir de lecture, même si je pense que la bonne traduction de ce patois sicilien est nécessaire pour nous permettre de se plonger plus facilement dans l’univers du récit.

J’ai trouvé cet apprentissage de la sexualité et des plaisirs de la vie d’un jeune garçon sicilien assez perturbant. Les premières pages ne laissent aucun doute sur le fait que ce roman, très court (160 pages), va droit au but et ne prend pas de pincette. Dès le premier chapitre, Nenè découvre son corps, le corps féminin et le plaisir avec sa cousine avant de s’interroger sur cette mystérieuse pension où travaillent des femmes et où entrent et sortent des hommes. Heureusement, c’est cru sans être trash.

J’ai bien aimé la première partie du roman, centrée sur Nenè, ses interrogations, la curiosité, la découverte, enfin, de que qu’il se passe dans cette pension, la présentation avec la tenancière et les filles qui y travaillent.

Celles-ci sont remplacées tous les quinze jours pour que les clients ne se lassent pas. La seconde partie du livre leur est consacrée, j’ai eu l’impression de n’avoir que des bribes d’histoires des unes et des autres, sans que Nenè n’y soit cité (ne serait-ce qu’en tant qu’auditeur). J’ai, ici, perdu tout intérêt pour ce roman. J’ai trouvé la dernière partie tout aussi décousue. On y retrouve Nenè qui a été réquisitionné et qui devient brièvement soldat. Je n’ai pas trouvé le lien avec la seconde partie du roman. C’est arrivé un peu comme un cheveu sur la soupe alors que l’auteur a essayé de nous y préparer pendant les premières pages de son roman.

En résumé, je n’ai pas apprécié cette lecture même s’il s’agit d’une jolie découverte littéraire. J’ai trouvé la narration très décousue, avec des petits morceaux ça et là que je n’ai pas réussi à assembler pour faire un tout appréciable.

L’avez-vous lu ? Est-il différent des autres Camilleri ?

Ma note : 2/5